Critique : YUI – GLORIA

Matthieu 26 janvier 2010 0

Si Again m’avait donné des raisons d’espérer un retour de la chanteuse, It’s all too much m’avait un peu plus convaincu de la disparition totale du talent de l’interprète-auteur-compositrice. Et Gloria fini de me convaincre sur le passage de Yui dans le royaume des artistes musicalement morts.

Pour la nouvelle pochette, Yui a laissé tomber les guitares, réalisant sans doute qu’il s’agissait de publicité mensongère, et ceci au profit de gants. Le problème est que sans sa guitare, l’ancienne révélation de l’année 2007, est ridicule. Preuve en est avec les quelques clichés promotionnels du single, où Yui est déposée sans qu’on sache vraiment pourquoi et sans qu’elle même ne sache aussi ce qu’elle fait assise sur on ne sait quoi, les mains posées sur ses cuisses, le regard vide, les petits flocons de neige refroidissant un peu plus le visage fermée de la chanteuse et la pochette d’un single, tout aussi froid, musicalement parlant.

Car si les pochettes sont froides, le single l’est tout autant. Au niveau des paroles de la chanson titre du single, on retrouve les mièvreries et les pitreries de jadis, amour, gloire, fatalité, ce qui, il y a deux ans, marchait et qui, aujourd’hui, rend difficilement crédible la chanteuse et ses morceaux. Et tous les lieux communs de la J-Pop actuelle sont condensés dans une seule et même chanson.

La chanson commence par des petits « yai yai yai », une première pour la chanteuse et on l’espère, une dernière, avec une voix méconnaissable. C’est d’ailleurs la chanson dans son intégralité qui a cette voix écorchée et à la limite de la justesse, cherchant des notes hautes n’arrivant pas à les attraper sinon mal, cherchant à nous emmener et nous enthousiasmer dans le rythme d’une chanson et dans une énergie, qui aurait pu être une base solide pour la chanson mais qui la rend sans relief et donc sans saveur. Elle n’y arrive pas et c’est d’autant plus décevant que la chanson a été écrite et composée par Yui, bien loin de la qualité (musicale) des chansons passées.

A sa voix s’ajoute aussi la musique qui en elle même est un copié-collé de ces précédents morceaux,  Yui continuant de nous ressortir les même recettes. Enfin, je ne vais pas traiter une nouvelle fois de ce sujet récurrent avec YUI. La musique bien qu’entrainante, n’est pas calibrée et n’arrive pas à se sortir de la voix de Yui et la voix de Yui n’arrivant pas à s’ajuster à la musique. Ce déséquilibre rend la chanson brouillonne surtout au milieu de celle-ci, la musique s’emballant et la voix de Yui n’arrivant pas à suivre.

Alors si la première chanson n’est franchement pas une réussite, la deuxième l’est un peu plus. La voix de Yui est plus posée avec des notes plus basses, la musique moins brouillonne, l’arrangement étant plus réussi et les déséquilibres de la piste 1 ont disparu. Le résultat est donc une piste convaincante et bien meilleure que ces deux derniers singles. La troisième piste est une version acoustique de la chanson It’s all too much. Rien mais alors rien à dire.

Amoureux de musique japonaise et passionnés de musique tout simplement, passez votre chemin : Gloria est sans gloire, YUI sans talent. Et finalement, le résultat du single n’est que délices de niaiseries et sempiternel répétition de la même recette. La recette ne passe plus. Les ingrédients étant passés. Une YUI sans talent, mais avec de l’espoir, à l’écoute de la deuxième piste de ce single. Ce single n’obtient qu’une note de 3 sur 10. Gentillesse et générosité m’ayant empêché de donner moins.

[rating=3]

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