Quasiment une année après son précédent opus, la chanteuse Ayumi Hamasaki revient avec un nouvel album, contentant plus d’un fan. Il faut dire qu’elles sont rares les chanteuses à sortir un album quasiment chaque année. Mais jusque là , si les fans sont servis, l’hyper-fécondité de Ayumi Hamasaki desservait en tout point sa musique, se montrant incapable de se renouveler et s’enfonçant peu à peu dans le chaos musical. Next Level en était la preuve. Et Rock’n'roll Circus, la confirmation?
Les fans sont heureux …
Les fans inconditionnels ont été ravis d’apprendre l’immense étalage marketing que la chanteuse et Avex ont déployé dans ses versions limitées : deux mugs pour les fans qui veulent se réveiller dès le matin avec la tête de d’Ayumi (heureusement, au bout de trois nettoyages au lave-vaisselle, les mugs bonus à 10€ les deux se seront transformés en mugs blancs des plus classiques).
Mais la bande d’Avex n’avait pas imaginé mettre seulement la version CD+DVD avec deux mugs mais bien de balancer en même temps le dernier live d’Ayumi Hamasaki « ARENA TOUR 2009 A ~NEXT LEVEL~ », le meilleur nous dit-on.
Et l’autre version limitée CD+DVD est elle aussi bien garnie puisque sur le DVD, on retrouve 8 vidéos-clips quand sur des versions CD+DVD d’autres pop-stars on n’en retrouve que deux voir quatre pour les plus dispendieux. Et ces huit clips de huit chansons de l’album sont aussi accompagnés de leurs making of respectifs.
Mais si les bonus vont nourrir les fans pendant assez longtemps, c’est pour mieux leur faire oublier les pochettes et les photos promos faites à Londres qui sont à la limite du désastre qu’on pensait déjà atteint avec la Ayumi-singe dans Sunrise / Sunset ~LOVE is ALL~. On a le droit à Ayumi dans une cabine téléphonique londonienne, le regard ébahi et le visage plastique (appel au scalpel ou à une bonne dose de Photoshop pour arrondir les angles?). Même les pochettes de (miss)understood étaient plus réussies. Fort heureusement, certaines photos promos sortent du lot (j’en ai choisi deux) et heureusement.
…et nos oreilles aussi….
Effectivement, nos oreilles peuvent être satisfaites de certaines chansons à l’image de Countdown. Cette chanson est la deuxième piste de l’album et laisse d’entrée une très bonne impression. Le piano du début nous fait imaginer un interlude mais il n’en est rien puisque la voix d’Ayumi commence à entonner d’une voix puissante la mélodie très sombre de la chanson, dans une
ambiance plus Hard-Rock que Rock’n'roll. Le seul reproche qu’on puisse lui faire, c’est qu’elle semble être une copie de la chanson Guilty, dans l’intro (piano), dans les refrains (à la limite du hard-rock) et vocalement (la chanson recherchant la puissance de la voix de Ayumi).
Ensuite, je ne reviendrai pas sur la chanson Ballad, sur laquelle j’avais bien accroché en single (Critique du single You were…/BALLAD). Elle est suivie par certainement une des meilleures pistes de ces quatre dernières années, Last Links. Peu classique pour Ayumi et efficace avec une introduction à la guitare sèche, d’un effet redoutable, qui laisse place à des guitares électriques par la suite. La chanson est rythmée, dynamique, la voix de Ayumi Hamasaki se place bien dans la chanson, surtout dans les refrains où on retrouve sa puissance. Une piste rock qui va se sentir un peu seule dans l’album.
Une des autres curiosités de l’album est la huitième chanson Don’t look back avec un démarrage très oriental, un rythme musicalement intéressant et la voix de Ayumi est assez juste et se marie correctement avec ce genre de musique aux refrains aspirés et très aériens. Le côté oriental de la piste perdure ensuite. Du bon Ayumi, ne partant pas trop dans le pathos et dans les effets vocaux comme elle aurait pu le faire.
Enfin, venons-en à la meilleure chanson de l’album, Sexy little things. Si si. Ayumi n’a jamais rien fait de tel depuis très longtemps : un morceau dynamique, au rythme très bizarre mais en même temps très entrainant. On se croirait dans un morceau d’electro-rock. Malgré l’électronique qui aurait pu me rebuter et en rebuter plus d’un, la chanson est très réussie et la voix d’Ayumi et l’electro se calibrent bien. Et c’est la seule chanson qui se rapproche, bien qu’elle n’ait rien de très rock’n'roll, du « circus » du titre avec ce rythme ultra-pressant.
…mais pas jusqu’au bout
Mais ne vous méprenez pas, ces quelques chansons ne sont que trop rares dans une album très inégal, Ayumi hamasaki n’arrivant pas à trouver son style, qui devait être rock. Mais avec Lady Dynamite, on a droit à l’electro mal branché, à la voix refaite et sur-(mal)-modifiée avec le savoir-faire des arrangeurs maisons d’Avex, qui avaient plutôt bien travaillé jusque là et pour Sexy little things.
La palme du mauvais goût revient, sans contestation possible, à la première piste de l’album, Microphone. Avec ces « Tell me why! Tell me why! » et ces « I don’t know! I don’t know! », on tombe dans la niaiserie la plus grossière et le rythme de la chanson est désastreux, on ne sait pas où donner de la tête. Dès le début, on se croirait dans un morceau de Versailles, avec ce côté baroque. Les guitares métaleuses qui prennent le pas n’arrangent rien par la suite. Ayumi part dans les aiguës. La chanson est terriblement ennuyante.
La chanson Meaning of love a tout d’une bonne chanson : une balade assez rythmée, la voix de Ayumi est plutôt convaincante. Mais voilà , on a l’impression de se retrouver cinq années avant avec les Carols et autres Days. Et le pire, c’est qu’elle est suivie par You were…, autre chanson dans la même trempe que Meaning of love ainsi que Carols et Days. Du re-pompage incessant qui dessert une nouvelle fois la chanteuse.
Vous constaterez que j’ai pris soin de ne pas revenir sur trois pistes, à savoir les Sunset/Sunrise ainsi que RED LINE ~for TA~. Il faut dire que dès leurs sorties en singles, je n’avais pas été convaincu par ses pistes : Ayumi est vocalement en dessous de tout ce qu’elle a fait (sa voix est soit écorchée soit part dans les aiguës), et instrumentalement ces morceaux n’apportent rien à la musique.
Comme dans chacun de ses albums, on a le droit aux interludes. Dans celui-là , on a le droit à trois petits morceaux complètement incohérents, qui, je ne le répèterais jamais assez, servent à marquer les évolutions et les transitions dans un album. Or là , les interludes sont tout simplement inutiles, ils ne sont pas du tout cohérents avec les chansons qui suivent. THE introduction n’introduit en rien le côté métal de Microphone. montage ne fait pas la transition entre la pop-rock de Last Links et le côté oriental de Don’t look back. C’est donc trois pistes intitules, qui n’apportent rien à l’album à part 3 pistes.

Le titre de l’album avait de quoi nous laisser espérer. On s’attendait à du rock’n'roll, à de nouveaux styles et des expérimentations salutaires pour la chanteuse. Il n’en ai rien. Rock’n'roll Circus n’a rien de rock’n'roll. Ni de cirque, ou du moins, l’idée qu’on se faisait du cirque n’apparait pas dans l’album et on a le droit à un cirque d’electro et de guitares oppressantes, d’arrangements foireux.
Toutefois, quelques chansons sortent du lot et se rapprochent de ce qu’on pouvait s’attendre : Last links pour le côté acoustique et rock de son instrumental et Don’t look back et Sexy Little Things pour le côté « circus ». Le reste de l’album est soit inutile (les interludes, la dernière piste) soit copié (Meaning of Love) soit à la limite du supportable (Microphone).
[spoiler]

- THE introduction
- Microphone
- count down
- Sunset ~LOVE is ALL~
- BALLAD
- Last Links
- montage
- Don’t look back
- Jump!
- Lady Dynamite
- Sexy little things
- Sunrise ~LOVE is ALL~
- meaning of Love
- You were…
- RED LINE ~for TA~ (album version)
Pour l’acheter : Rock’n'Roll Circus
[/spoiler]
La note est sur 10 et correspond à la moyenne des notes de chaque piste.



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