Le passage à la nouvelle année a marqué la fin d’une décennie et le site Ongaku-Dojo.fr décide de faire une grande rétrospective de ses dix dernières années, année après année, chaque année passée au crible, avec ses évènements clés.
Commençons donc par la première, celle qui a fait le pont entre le 20ème et le 21ème siècle : l’année 2000. Une année importante comme vous l’imaginez et l’une des dernières années aux chiffres de ventes extraordinaires, dernier héritage des années 90, fastes et radieuses, tant musicalement que commercialement.
Les petits faits
L’année sera marquée par quelques évènements autour d’une entité que seul le Japon connait : les Morning Musume. Alors si musicalement, les Morning Musume n’ont certainement rien apporté à la musique, elles ont alimenté quelques actualités de l’année avec leurs sempiternelles « graduations »Â au nombre de quatre pour la seule année 2000. Aya Ishiguro, qui se mariera en 2000 avec le batteur de Luna Sea ou encore Ichii Sayaka, qui se lancera dans une carrière musicale sans succès. Chacune sera remplacée par d’autres jeunes filles savamment choisies par Tsunku.

Mais le groupe ne s’est pas seulement illustré par ses quelques changements dans leur formation mais bien aussi par les ventes de leurs divers albums et singles puisque chacun d’eux s’est vendu à un total de 1 million d’exemplaires.
D’autres artistes ont débuté cette même année avec, entre autres, les grands débuts major du groupe Bump Of Chicken avec leur album The Living Dead qui aura la faveur des critiques mais moins la faveur des japonais, ainsi ceux que de Nana Mizuki, qui passera inaperçu dans les charts cette année.
A noter aussi les grands débuts d’une des chanteuses de l’année, musicalement parlant, en la personne de Chihiro Onitsuka (photo ci-contre), avec la chanson Shine d’abord mais surtout avec la magnifique chanson Gekkou, véritables bijoux, deux des meilleures chansons de l’année et qui ont fait connaitre Chihiro au public nippon. Le succès sera croissant les années suivantes.
On peut aussi retenir les débuts de Hikawa Kiyoshi la star incontestable de l’enka aujourd’hui, mais qui, à l’époque, ne s’attendait pas à tenir sur ses épaules un style de musique, alors en perdition complète. Et ses premières sorties se faisaient encore en cassettes à l’époque.
La dissolution de deux groupes phares des années 90, les groupes SPEED et Luna Sea, marquera en partie l’année. Si ce dernier n’était pas un élément incontournable, il a réussi à marquer de son emprunte la musique et surtout le rock, restant aujourd’hui une des grandes sources d’inspiration pour la nouvelle scène. SPEED, groupe de filles encore une fois, fut l’un des gros vendeurs de la décennie 90. SPEED, c’est des albums qui dépassent souvent les 1,5 millions d’exemplaires (Rise notamment) et des filles adulées sur l’archipel. Une demi-séparation puisque deux ans après elles re-sortiront un album, échouant dans les profondeurs des charts, et aujourd’hui encore, elles retentent de percer sans succès.
Les grand(e)s de l’année
Si il y a bien une artiste à ne pas oublier qui a éclaté au grand jour cette année-là , c’est bien Mai Kuraki (photo ci-contre). Avec déjà un carton en poche en 1999 avec son single Love,
Day After Tomorow, 1.9 millions de copies vendues, l’année 2000 sera une année faste pour elle puisque en plus d’être encensée par les critiques, elle fera l’un des deux derniers gros cartons en date avec l’album Delicious Way avec 3.5 millions d’exemplaires vendus. Mais Mai Kuraki c’est aussi deux singles sortis en 2000 et qui se sont vendus à 1 million d’exemplaires chacun.
Ce n’est pas la seule à faire parler d’elle cette année-là puisque l’autre grande personnalité de 2000 n’est autre que Ayumi Hamasaki. Ayumi Hamasaki, c’est 7 singles sortis en une année, c’est un album à 3 millions d’exemplaires vendus et un total de 9 millions de disques vendus. Rien qu’avec les singles SEASONS et M, la chanteuse atteint les 2,5 millions d’exemplaires. Avec l’album Duty, deuxième meilleure vente derrière Mai Kuraki, elle est sacrée Reine de la J-Pop. Cet album reste d’ailleurs l’album le plus vendu de la chanteuse et le dernier à avoir dépassé les 2 millions.
Il manque une autre personnalité féminine, Utada Hikaru (photo ci-contre). Utada Hikaru ressort de 1999 forte d’un premier album des plus prometteurs, musicalement
abouti et commercialement rentable, puisque ce n’est pas moins de 7 millions de copies qui vont être vendues. Mais en 2000, elle sortira 2 singles, For you/Time Limit ainsi que Wait & See ~Risk~, les deux parmi les 20 plus grosses ventes de l’année, malgré des rumeurs insistantes la voyant cesser sa carrière pour des raisons de santé. Il faut dire que l’année 2000 verra s’accumuler les dates de concerts et les passages télé. Elle reçue aussi plusieurs récompenses comme celui de l’artiste de l’année.
Mais bien plus que trois stars, c’est tout une pop féminine qui marquera l’année. Shiina Ringo avec son album Shouso Strip, meilleur album de l’année pour la Riaj qui la récompensera d’un jolie « Japan Gold Disc Award’s ». Les groupes féminins JUDY AND MARY et DREAMS COME TRUE feront de leurs best of respectifs des gros succès commerciaux. Misia remuera aussi les charts dès le 1er Janvier 2000 avec son album LOVE IS THE MESSAGE écoulé à près de 2 millions d’exemplaires en une année.
Toutefois, l’hégémonie des filles a rapidement été remise en cause par les hommes. En grand porte parole, les hommes avaient une figure de choix en la personne de Fukuyama Masaharu, une des grandes figures japonaises, jouissant, encore aujourd’hui, d’une popularité assise sur la participation dans quelques uns des plus gros succès cinématographiques et télévisuels des années 90, ainsi que sur ses nombreuses participations à des émissions de radios, de télé et de publicité. Il sortira deux singles dont Sakurazaka, seconde meilleure vente de single avec 2.3 millions de ventes.
Il ne faut pas non plus oublier les Johnn’ys, car bien qu’ils ne soient pas les plus gros vendeurs de l’année, ils restent bien placés. SMAP, qui était l’élément central de la machine Johnny’s à l’époque, a sorti un album, S map ~SMAP 014, qui se classe dans les 40 meilleures ventes d’albums de l’année 2000 ainsi qu’un single, Lion Heart, sixième meilleure vente de l’année avec 1.6 millions de ventes et parmi les chansons les plus diffusées en radio.
Quelques groupes de rock sortent aussi leurs têtes du lot avec notamment deux grands symboles du rock japonais : Southern All Stars et B’z. Ce dernier marquera surtout l’année par deux disques qui se sont vendus au dessus du million, le single Kon’ya Tsuki no Mieru Oka ni ainsi que l’album best of B’z The « Mixture ». Les Southern All Stars auront beaucoup plus de succès et confirmeront leur statut des rois du rock au Japon. Avec Tsunami, c’est 3 millions de disques vendus et l’un des derniers succès du groupe pour le groupe de Keisuke Kuwata et leurs 30 années de carrière. A noter aussi les bonnes performances pour L’arc-en-ciel ainsi que pour Spitz qui sont parmi les plus gros vendeurs de l’année près d’1 million d’albums vendus chacun.
Les chiffres de l’année
Le Top 5 « Single »
- Southern all star – TSUNAMI – 2 934 000
- Fukuyama Masaharu – Sakurazaka – 2 299 320
- Utada Hikaru – Wait & See 〜‎Risk〜‎ – 1 662 060
- Kuraki Mai – Love, Day After Tomorrow- 1 385 190
- Ayumi Hamasaki – SEASONS – 1 367 400
Le Top 5 « Album »
- Mai Kuraki – delicious way – 3 530 420
- Ayumi Hamasaki – Duty – 2 904 420
- Shiina Ringo – Shouso Trip 2 332 290
- MISIA – LOVE IS THE MESSAGE – 2 297 880
- DREAMS COME TRUE – GREATEST HITS « THE SOUL » – 2 137 000
Production de CD:
La production de disque en 2000 s’élève à 433 millions dont 86% de disques et 4% de cassettes et une baisse de 3% par rapport à 1999.
L’année 2000 a été marquée au Japon par une croissance économique morne, une déflation (-0.8%) record depuis la fin de la Deuxième Guerre Mondial ainsi qu’un consommation individuelle toujours stagnante. De plus, la jeunesse, qui a une part importante dans la consommation de produits musicales, a vu sa part dans la population baissé. L’année 2000 a vu aussi augmenter la part dans la production en format vidéo, notamment avec le développement du DVD au Japon, passant à 47 millions d’unités soit une augmentation de 36%. Tout ceci explique donc la baisse, bien que sensible, de la production de CD.
Tout ceci correspond à une valeur de 539 milliards de Yens pour les CD, l’équivalent de 4 300 milliard d’€, et 137 milliards de Yens pour les vidéos, l’équivalent de 1 000 milliards d’€, soit une part de 20%. Par rapport à 1999, on constate une baisse de 6% du chiffre d’affaire pour les CD, plus forte baisse depuis 1993, et une augmentation de 26% du chiffre d’affaire pour les vidéos.



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