Yuki Kajiura, l’impératrice des OST*
On retiendra facilement le nom du chanteur ou du groupe que l’on a bien aimés, on se souviendra aisément d’un artiste dont la présence est « physique » tant par sa voix, ses clips ou ses apparitions dans des films. Mais qu’en est-il des compositeurs ? Vous en connaissez pourtant un certain nombre sans même le savoir. Si je vous dis Pandora Hearts, Mai Hime (ou My-Hime), Tsubasa Reservoir Chronicle, Madlax, Xenosaga, Erementar Gerad, Gundam Seed… Au moins l’un de ces dessins d’animation japonaise devrait vous dire quelque chose. Peut être aurez-vous été frappé par la musique d’une scène en particulier, dont vous vous souviendrez longtemps. Si vous vous intéressez un tant soit peu aux animés et aux jeux vidéos, vous avez forcément entendu l’une des nombreuses bandes sonores composées par cette artiste de grand talent. Et ces titres sont autant d’animés dont les compositions musicales ont été signées par Yuki Kajiura. Alors, ce nom vous parle désormais un peu plus ?
*Original SoundTrack
Cette tokyoïte de bientôt 47 ans compose des musiques d’animés, de jeux vidéos et films japonais depuis près de 20 ans. Sa première création remonte à ses 7 ans, âge auquel elle composa une chanson dédiée à sa grand-mère qu’elle appela « Merci, au revoir ». Ce n’est pas pour autant que ses pas la mèneront directement vers la musique, car la future compositrice est diplômée de l’université en ingénierie des systèmes, rien que ça ! Mais, comme beaucoup d’artistes qui finissent par « se découvrir » grâce à un proche, ce sera son papa, lui-même mélomane, qui la poussera à se consacrer à son art musical. C’est en 1992 qu’elle intègre son premier groupe, un trio prénommé See-Saw, en compagnie de Chiaki Ishikawa et Yukiko Nishioka. Le groupe durera ce que dure les roses, un temps très court de 3 années au cours desquelles il réalisera tout de même 2 albums et 6 singles.
Yuki Kajiura ne se laisse pourtant pas abattre par cette rupture et poursuit ses compositions.
Avec une moyenne de 3 créations par an, c’est véritablement en 2001 que sa carrière prend une ampleur exponentielle avec la composition des bandes son de l’animé Noir (réalisateur Kōichi Mashimo produit par Bee Train) et du jeu vidéo Blood the last vampire (réalisateur Hiroyuki Kitakubo produit par Production I.G). De ces deux titres tintent les cloches de la renommée et à partir de cette année Yuki Kajiura enchaine les OST « tubes » : Aquarian Age, .hack//SIGN (le jeu et l’animé), Mobile Suit Gundam Seed, Chrno Crusade, Xenosaga, Madlax, Mai-HIME, etc…
2001 a été l’année de sa révélation si l’on peut dire. Car c’est cette même année qu’elle renoue avec Chiaki Ishikawa et qu’elles remontent ensemble See-Saw qui produira de très nombreux albums. Yuki Kajiura compose également seule avec l’album Junction. En 2007 elle créé un nouveau groupe, Kalafina, avec 3 autres artistes japonaises.
Yuki, un univers magique… et intarissable !
Depuis 1992 ses compositions ne perdent ni en qualité ni en régularité. Avec 3 albums par an minimum, certaines années ont même vu fleurir une quinzaine d’OST en tous genres.
Rapidement encensée par la presse nippone, elle est l’une des artistes parmi les plus sollicitées de l’archipel dans le domaine de la composition musicale d’animés et de jeux vidéos. Les hits de ses albums sont souvent en très bonne place de l’Oricon (équivalent du top 50 au Japon).
Avec plus de 150 albums et singles composés et arrangés sur près de 20 années, elle est devenue LA valeur sûre. Chaque album, chaque bande son rencontrés au hasard d’un jeu ou d’un animé, laisse une trace. 200 000 exemplaires de Anna ni issho datta no ni le générique de fin de Gundam Seed qui a été l’un de ses plus gros succès, 300 000 OST vendus pour .hack//SIGN, 100 000 pour Dream Field l’album du retour de See-Saw.
Si Yuki Kajiura s’adapte au genre et à la thématique sur lesquels elle devra composer, créer son histoire musicale, n’en reste pas moins un style bien présent qui est facilement reconnaissable lorsque l’on a écouté quelques albums. Mais ce n’est pas pour autant qu’il vous semblera toujours passer le même album en boucle, comme cela peut être le cas avec certains artistes… Elle appose sa marque, on la sent, on la sait, c’est elle, et pourtant c’est elle mais c’est différent. Là est son génie, être capable d’être reconnue dès les premières notes mais ne pas se cantonner à une redondance vite lassante pour celui qui l’écoute.
Yuki fait partie de ce très petit panel d’artistes finalement, qui déclenche une sorte de pulsion dévastatrice qui, alors que l’on est pris par l’action, que l’on se fond complètement avec les personnages qui évoluent sur la musique qui s’écoule sous leurs pas, combats, rire ou larmes, on a qu’une idée : il me faut cette bande son ! C’est cela, Yuki Kajiura.
La compositrice utilise beaucoup d’instruments dits classiques dans ses créations musicales : flûte, piano, instruments à cordes… La guitare électrique est également utilisée mais vous l’entendrez principalement dans les thèmes d’action et de combats. Mais cela sera tout, ne cherchez pas de mélodies se rapprochant du métal comme on peut en trouver dans certains animés ou jeux vidéos, ça n’est pas son style. Si vous êtes adeptes de la bourrine attitude passez votre chemin.
Le style de Yuki Kajiura est un savant mélange entre classique et mysticisme façon New Age. Certains morceaux s’inspirent de mélodies affiliées à des pays en particulier et dont vous devriez aisément reconnaitre les tendances, telle la musique française (avec orgue et accordéon), italienne (beaucoup de mouvements à la guitare classique, notamment dans l’animé Noir)… Privilégiant également les voix, il est assez récurrent qu’elle ajoute des chœurs féminins principalement et des solos dans ses thèmes. Saints (OST Madlax II) ou Ensei (OST My-Hime / Mai Hime) en sont quelques exemples. Les voix reflètent toujours une pureté très… lyrique, un peu comme des chants d’opéra. A l’exception faite que les mélodies sur lesquelles ces voix sont apposées leur confèrent ce petit côté poétique, voire mystique dont je vous parle plus haut.
Et la France alors ?
Assister à un live de Yuki Kajiura relève de l’événement pour les européens car elle ne s’est que peu produite et à mon plus grand damne, jamais en France. On recense un concert en Europe, lors d’une convention de japanimation en Allemagne, l’Animagic en 2004.
Mais pour ce qui est des japonais, ils ne sont guère en reste car l’artiste donne régulièrement des concerts à travers tout le Japon. Yokohama, Tôkyô, Nagoya, Sendai, Osaka sont les dernières villes dans lesquelles elle s’est produite. Très peu de dates en Australie ou aux USA. Si vous voulez voir Yuki Kajiura en concert, envolez-vous pour le pays du soleil levant car pour l’heure aucun projet de concerts en France ou en Europe n’a été annoncé !
Que ce soit les bandes sons de jeux vidéos, d’animés, ses créations en nom propre ou via See-Saw, ne vous attendez pas à trouver les cd dans les magasins habituels que vous fréquentez. De nombreux sites internet français vendant des importations japonaises pourront vous fournir ses titres mais, sauf exception des quelques magasins spécialisés manga/animé, vous ne trouverez malheureusement pas ses OST en France ! Sur certains de ces sites internet vous trouverez (peut être !) les dvd de live filmés au Japon (plusieurs volumes), le Yuki Kajiura Live.
Lors d’une interview donnée à l’occasion de la sortie de ces live en dvd, l’artiste disait qu’elle n’avait jusqu’à lors jamais pensé à un tel projet en utilisant son propre nom et qu’elle ne l’aurait sans doute pas fait si d’autres artistes n’avaient pas été inclus dans l’aventure (JunctionFiction et See-Saw). Mais l’envie de se rapprocher de son public semble avoir été la plus forte. Yuki Kajiura expliquait que sa vie se cantonnait pour beaucoup entre les compositions qu’elle créé chez elle et le studio d’enregistrement, qu’elle avait envie d’autre chose, de rencontre franche avec son public : « Les chansons que je créé à la maison et au studio arrivent bien après aux auditeurs. Il y a un décalage entre le moment où les chansons sont enregistrées et le moment où elles atteignent les auditeurs. J’en suis venue à vouloir réaliser une activité musicale qui me permettrait de ressentir les réactions des auditeurs. » (source de l’itw http://canta-per-me.net).
Et l’actu dans tout ça ?
A l’occasion du 10ème anniversaire de Gundam Seed (et oui 2002, déjà !), Yuki Kajiura sort un mini cd de deux tubes de la série : Anna ni issho datta no ni arrangé par See-Saw dont je vous parle plus haut et Shizuka na yoru ni interprété par Rie Tanaka. Ce cd devrait sortir au Japon en février 2012 au tarif de 1155 yens. Il ne reste plus qu’à prendre votre mal en patience le temps qu’il puisse être importé chez nous par votre site favori…
Dans les sorties cd récentes, les OST des animés Senritsu no Stratus et Sacred Seven sont disponibles au Japon depuis octobre 2011, et l’OST III de l’animé Puella Magi Madoka Magica ainsi que le dernier album After Eden de son groupe Kalafina en septembre 2011.
Côté Live, pour les chanceux qui auraient la possibilité de se rendre au japon cette année ou pour ceux qui y vivraient, le 8ème Yuki Kajiura Live a été annoncé les 16 et 17 mars 2012 ainsi que le 8 avril 2012 à Shibuya, quartier de Tôkyô (au Shibuya Public Hall) et à Osaka (au Namba Hatch).
Site internet de l’artiste : http://www.fictionjunction.com/
Canta per me en live (animé Noir) – FictionJunction : Yuriko Kaida et Kaori Oda au chant : http://www.youtube.com/watch?v=Vk73I_EZG5o























