Le trio rock Andymori revient avec ce nouvel album, Fanfare to nekkyoo, deuxième album d’une carrière déjà très prometteuse après un premier opus d’une très bonne qualité en Juin dernier.
Qu’en est-il de ce nouvel album, attendu autant par la critique que par le public? Le rock est-il toujours aussi énergique et fou que le premier album?
L’album était annoncé comme un album plus calme que le précédent avec un jeu de batterie beaucoup moins intense. En somme, on pouvait s’attendre à un album beaucoup plus posé et pop que le précédent. Bien que le résultat soit, effectivement, plus pop, il reste très rythmé et la batterie est toujours aussi intense, mais le tout recouvert par la basse beaucoup plus présente et pressante, ce qui harmonise l’instrumental.
En effet, c’est un des faits nouveaux, le jeu de basse survole et Hiroshi Fujiwara fait montre de son talent dans l’ensemble de l’album avec une mention spéciale pour l’ultime piste de l’album, Gloriou Keitora, où la basse et tout du long audible et donne du caractère à la chanson. La chanson, bien que courte et assez linéaire, il faut le reconnaitre, reste une bonne chanson.

D’autres pistes sortent du lot notamment la première piste de l’album, 1984, un morceau pop mielleux avec une basse et une batterie faisant la mesure à la guitare et la voix de Oyamada, dont nous découvrons quelques facettes supplémentaires, en allant chercher des aiguës, tout en restant dans une justesse impeccable. Mais bien plus qu’une simple technique de chant, c’est son timbre de voix, si particulier en comparaison des autres chanteurs rocks japonais aujourd’hui, ce qui donne une identité au groupe. Une chanson à l’image de Aoi Sora du premier album.
Et plusieurs chansons se rapprochent de cette dernière. La balade Orange Train par son rythme des plus lents mais aussi par la mélancolie de la mélodie, les petites pointes hurlantes, d’ailleurs d’une justesse, cette fois-ci, contestable. La chanson n’en est pas moins réussie.
La deuxième piste fait aussi partie des chansons clés de l’album. City Lights est un morceau pop au rythme frénétique, une marque déposée par Andymori. Le chant de Oyamada est encore une fois exceptionnel : il suit le rythme effréné de la chanson de façon incroyable, si rapide qu’on a l’impression que la chanson est en vitesse accélérée à certains moments. Les refrains sont aussi bien marqués et d’une grande qualité, la mélodie nous communiquant l’énergie qu’elle souhaite nous faire passer.
En plus du rock bien présent apparaissent des pointes de country qui donnent un peu plus de caractère aux chansons dont City Lights. Et ce n’est pas la seule car la chanson Crazy Claimer et 16 sont de véritables morceaux country, dans les refrains notamment avec les guitares acoustiques et la basse très « Far West ». Dans une moindre mesure la chanson Baghdad no Bodycount reste aussi très country.
Zutto Groupie, Boku wa Hakubishin Dattara respectivement troisième et quatrième piste de l’album, empruntent les mêmes sentiers que la deuxième chanson : un rythme effréné, la basse et la batterie ultra-pressante, et la vitesse insensée de la voix du chanteur. La chanson Beautiful Celebrity apporte le blues, encore une fois sublimée par la basse de Fujiwara, mais le morceau pèche un peu dans le rythme beaucoup trop linéaire, une nouvelle fois.
La chanson SAWASDEECLAP YOUR HANDS est un condensé de ce que Andymori fait de mieux : le refrain qui trotte dans la tête deux heures après, l’envie de sauter, le rythme incroyable du chant de Oyamada, le jeu de basse et de batterie mémorable. Un morceau fait pour le live. Une seul point négatif : elle est très courte et ne dure que 3min qui passent, vous vous en douterez, très rapidement.

Cet album nous fait la démonstration de la richesse incontestable du marché rock indépendant. Si certains critiquent la qualité musicale des groupes de rock actuellement sur le marché, andymori pourrait les réconcilier avec le rock dynamique et créatif.
L’album en lui même n’est pas le meilleur du groupe et entre les deux seuls albums du trio, leur premier, éponyme, reste une bonne longueur devant Fanfare to nekkyoo, péchant dans la linéarité de certaines pistes et manquant peut-être d’harmonie dans la disposition des chansons : le disque commence directement par deux pistes majeures de l’album, laissant passer quelques autres pistes un peu plus poussées instrumentalement.Toutefois, l’album reste un excellent album avec des pistes énergiques et musicalement abouties. Il obtient donc une notre de 7/10.
[spoiler]
- 1984Â Â Â Â Â Â Â Â Â Â

- CITY LIGHTS
- Zutto Groupie
- Boku wa Hakubishin Dattara
- 16
- Beautiful Celebrity
- Transit in Thailand
- Crazy Claimer
- Nutmeg
- Baghdad no Bodycount
- Orange Train
- SAWASDEECLAP YOUR HANDS
- Gloriou Keitora
Pour l’acheter : Fanfare to nekkyoo
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